13 avril 2009
Cent choses sur moi...again.
37) Le fait que je ne sache pas conduire, que je ne parle pas anglais, que je ne connaisse absolument rien au bricolage et que je déteste les sports font que j'ai quelques difficultées à me prendre pour un homme.
38) Si vieillir me fait peur c'est surtout parce que je regrette tout ce que je n'ai pas pu faire.
39) Je crois qu'il n'y a rien après la mort, comme il n'y avait rien avant la vie. Nous sommes de passage d'un néant à l'autre, ce qui ressemble beaucoup à la devise du Canada " A Mari Usque Ad Mare".
L'Amérique française
C'est donc dire que j'aime Jacques Poulin, même si, au fond, c'est un auteur qui est très éloigné de mon quotidien. On peut dire, effectivement, que Poulin est un auteur très "québécois", mais dans le sens de la ville de Québec. Ses romans se passent ou du moins débutent généralement dans cette ville et, même quand il a une vision plus largement américaine (surtout dans Volswagen Blues où le personnage recherche son frère dans l'Amérique, de Gaspésie aux States, ou dans ce dernier roman où il est beaucoup question de l'influence des canadiens-français dans le voyage exploratoire de Clark et Lewis), l'auteur garde toujours un côté provinciale, très Vieux-Québec, très "canadien-français en Amérique" qui est loin de la mentalité plus "métissée", plus moderne, des montréalais. Mais bon ce n'est pas une critique, mais plutôt une constatation. Lisez Jacques Poulin, surtout sur une terrasse du Vieux-Québec, c'est un de nos écrivains majeurs.
Je viens de terminer le dernier roman de Jacques Poulin "L'anglais n'est pas une langue magique", que j'ai adoré comme tous les autres romans de cet auteur, plus particulièrement "Volswagen blues". De Jacques Poulin on reconnaît toujours la petite musique des mots, l'influence d'écrivains comme Hemingway et Raymond Carver, le style minimaliste. Pas de grandes envolées lyriques, pas d'histoires tarabiscotées, mais plutôt des mots simples, des personnages emblématiques, et toujours, ou presque, un rapport avec la littérature (lecture ou écriture) avec le personnage de l'écrivain, de son frère, d'une traductrice, ou d'un bibliothécaire. Dans ce dernier roman il réussit a mettre en scène le frère de l'écrivain, l'écrivain, sa traductrice, l'oncle bibliothécaire, et même les chats que l'on retrouve dans plusieurs de ses romans. Cela ressemble presque à un testament de l'auteur, même si j'espère que Poulin ait encore plusieurs romans à nous donner.
07 avril 2009
En attendant...
En attendant ma septième opération depuis 2001, - vivement que ce millénaire ce termine!- due au retour de cellules cancéreuses trop pugnaces, j’écoute de la musique.
Premièrement, pour se rincer les oreilles, le nouvel album – terme un peu périmé puisqu’il s’agit de téléchargement sur ipod via i-tune- de PJ Harvey & John Parish « A Woman A Man Walked By ». Je ne parle pas un maudit mot d’anglais mais j’aime quand même, à l’occasion, écouter le rock très décapant, un peu punk, de PJ Harvey (j’aime bien aussi Patti Smith). Évidemment la dame ne fait pas dans la dentelle et sa voie fait parfois dans le strident, mais je lui trouve une belle énergie, un côté dark qui me sied bien, et un côté assez provocateur quand elle gueule, entre autre, « fuck’in ass » sur la pièce titre du cd…
http://www.youtube.com/watch?v=SPwzHgE8zIw&feature=related
Dans un tout autre ordre registre situé à des années lumières du rock sale, Monteverdi « reformaté en plages de trois minutes » histoire de mettre « le classique à l'ère de l'iPod et du téléchargement » d’après Christophe Huss du Devoir. Mais je ne suis pas assez connaisseur en musique pour bouder mon plaisir devant la voix angélique de Christina Pluhart et de l’ensemble L’Arpeggiata. Donc un « Teatro d’Amore » à la fois vif, aérien, passionné et « capable de vous arracher des larmes dans un recoin de phrase de Pur ti miro (plage 3) servi par un duo magique: Nuria Rial et Philippe Jaroussky » comme l’avoue quand même le critique du Devoir.
http://www.youtube.com/watch?v=AJA2x_m0uy8
Ras le bol!
Je suis presque convaincu que le soleil existe. La preuve en est qu’un ami d’une amie a dit que le beau-frère de sa blonde l’avait déjà vu. Pas ici, bien sûr, mais lors d’un voyage à Cuba. Tout de même, c’est bien la preuve qu’il existe. Et si il existe il finira bien par se montrer. Ce n’est pas comme l’autre, Dieu. Lui, pas de danger qu’il se montre la binette, même si il n’a jamais été autant là que depuis qu’il n’existe pas.
J’avais cru, naïf que je suis, que notre « révolution tranquille » nous en avait débarrassé, en même temps que des bonnes sœurs habillées en corneilles et des frères touchent pipi, mais non ! J’avais cru, crédule que je suis, qu’au XXIième siècle la raison serait reine et que toutes ces foutaises religieuses seraient reléguées dans un musée des superstitions disparues. Mais non !
Tous les jours on s’aperçoit que la religion est encore solide, comme la bêtise dont elle est la sœur.
Le ministre fédéral de la Science et des Technologies, Gary Goodyear, évidemment du gouvernement conservateur (lire Allianciste) de Stephen Harper, lors d’une entrevue avec le Globe and Mail, a refusé de se prononcer sur les conclusions de L’origine des espèces, écrit par Charles Darwin en 1859.
«Je ne vais pas répondre à cette question. Je suis chrétien et il est inapproprié de poser des questions au sujet de ma religion», a répondu le ministre des Sciences et des Technologies!
Pas étonnant que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), dont le budget a été réduit par le gouvernement Harper, ait décidé d'amputer l'Observatoire du Mont-Mégantic d'une somme de 140 000 $ cette année et de 325 000 $ par année pour les années suivantes, soit le tiers du budget annuel d'un million $ de l'institution, le ministre Goodyear a peur que l’on joue aux voyeurs avec Dieu.
Et il y a ce cher papus! Le Pape Benoit XVI, le même qui a levé l’excommunication de Mgr Williamson accusé de propos négationnistes, qui dit que l’utilisation du condom ne peut qu’aggraver la transmission du SIDA en Afrique. Évidemment il ne faut pas s’attendre à des propos progressistes de la part du chef de l’Église Catholique. Pas plus qu’il ne faut s’attendre à des politiques féministes de la part d’intégristes musulmans qui flagelle une femme sur la place publique dans la vallée de Swat au Pakistan. Ils ont quand même reconnus leurs torts en soulignant que « normalement » cela devrait se passer à la maison et non devant des caméras.
J’ai donc un ras le bol de la religion, de toutes les religions. Je veux bien que les gens aient une vie spirituelle, certaines croyances, certaines valeurs, mais qu’ils se gardent donc une petite gêne pour ce qui est de déballer leurs idéologies rétrogrades dans la société civile.
Bon cela ne m’empêchera de fêter Pâques ce week-end en faisant un brunch annuel avec ma famille car, voyez vous, j’ai foi au Lapin de Pâques qui vient distribuer ses œufs en chocolats le matin de Pâques. Vous riez, mais est-ce plus con que de croire en Dieu ou Allah, Jéhovah ou Raël? Et puis lui n’a jamais tué personne, sauf peut-être, et accidentellement, quelques diabétiques. 

