30 septembre 2008
Et moi, et moi, et moi...et les élections.
Dans le roman de Pascal Mercier Train de nuit pour Lisbonne, une question se pose: "S'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une seule partie de ce qui est en nous, qu'advient-il du reste?"
En fait le reste essai toujours de ce manifester, ce qui nous amène parfois vers le syndrome des personnalités multiples. Si nous pouvions approcher TOUTES les personnes que nous connaissons pour qu’elles parlent de nous parviendraient-elles à donner un portrait exhaustif de qui nous sommes ? Et nous reconnaîtrions-nous dans ce portrait ? Sommes-nous toujours « nous », toujours authentique, est-ce qu’il y a des fois où nous sommes plus nous que d’autres ? Y a-t-il des gens face auxquels nous sommes plus authentique ?
Pour ma part je ne sais trop. J’ai toujours l’impression d’être vraiment moi, mais il y a peut-être des fois où ce « moi » fait plus mon affaire…
Compliqué ? Sans doute. C’est qu’un autre « moi » vient de refaire surface, un « moi » sans doute plus aventureux, plus séduisant, un « moi » qui dormait et dont le réveil me cause un certain émoi et aussi un grand plaisir. Cela amène aussi la question de la véracité. Quand suis-je le plus véridique ? Et surtout avec qui ? Mais je suis sans doute toujours véridique. Et, surtout, mon désir lui est toujours le garant de ma véracité. Je désir, donc je suis.
Dans un tout autre ordre d’idée je n’irai jamais voter pour Dion pour stopper Harper, sauf si Dion est le candidat de mon comté et qu’il a des chances de remporter la victoire. Sans doute que Stéphane Dion croit vraiment à ce qu’il propose. Sans doute qu’il est honnête, et sûrement qu’il est intelligent, sauf que… Sauf que Stéphane Dion a vraiment très peu de chance de devenir premier ministre du Canada parce qu’il manque de leadership, d’instinct politique, et qu’en plus il doit se protéger encore plus des coups de couteaux des gens de son entourage que de ses adversaires. En fait le Parti Libéral à une grosse pente à remonter et il a bien mériter cette descente aux enfers à force de se moquer des citoyens.
Layton est sympathique est le NPD serait un parti auquel j’aimerais donner mon vote, sauf que…Sauf que le NPD à encore du chemin à faire avant de s’implanter au Québec. Particulièrement à cause de la question nationale, et à cause de sa tendance centralisatrice.
Reste le Parti Conservateur et le Bloc. Les Conservateurs, particulièrement les Conservateurs actuel, fortement teinté par l’extrême droite de l’ex Reform Party je les déteste. Je les déteste parce qu’ils font appel à tous ce qui est petit dans l’homme. Au notre côté sombre. Ils ne visent pas, surtout pas, l’intelligence, mais l’émotion. L’émotion la plus triviale. La peur, la vengeance, l’envie, l’insécurité, les préjugés, la crédulité, voilà sur quoi ils bâtissent leurs politiques. En cela ils ressemblent à tous les fascismes du monde. Entends-nous, Stephan Harper n’est pas Hitler, le contexte historique et culturel est différent, mais ce sur quoi il table pour réunir ces votes ressemble à ce que les partis fascistes, d’où qu’ils soient, courtisent : la haine de ce qui est différent, la peur de ce qui est différent, la religion, la morale, la simplicité.
Reste le Bloc. Oui je vais voter Bloc car ils sont les seuls à pouvoir stopper la marée conservatrice au Québec. Oui je vais voter Bloc car, qu’on le veuille ou non, et la pérennité de ce parti au fédéral l’indique assez, tant que nous n’aurons pas réglé, d’une façon ou d’une autre, la question nationale au Québec nous ferons du sur-place. Oui je vais voter Bloc car, qu’on le veuille ou non, le Canada est une entité artificielle qui ne fonctionne pas, du moins dans sa forme actuelle.
21 septembre 2008
Papa capote!
- Papa?
- Quoi?
- Est-ce que René Lévesque a déjà été premier ministre du Canada ? demande ma fille aînée.
Le journal que j’étais en train de lire tremble entre mes mains.
- René Lévesque a fondé le Parti Québécois, un parti politique prônant la séparation du Québec et du Canada, crois-tu vraiment qu’il a pu être premier ministre du Canada ?
- Bon, ok. Mais il n’y a pas un québécois qui a été premier ministre du Canada ?
- Plus qu’un en fait, mais tu parles sans doute de Pierre Elliott Trudeau.
- Ah ouin ! C’est ça que je voulais dire. Il était aussi dans le Parti Québécois ?
J’avoue que je commence à être exaspéré.
- Ben non ! Il était Libéral et anti-séparatiste !
- Ok, dis ma plus jeune fille, et lui, me montrant Gilles Duceppe qui passe à « Tout le monde en parle » (émission que je ne suis plus capable de regarder en passant), il a déjà été au pouvoir ?
- C’est le chef du Bloc Québécois, un parti, normalement souverainiste, qui défend les intérêts du Québec et ne présente des candidats qu’au Québec. Tu crois qui peux prendre le pouvoir au Canada ?
- Euh…dis ma plus vieille.
- Ben non, dis ma plus jeune, il y a plus de monde au Canada qu’au Québec.
Cette discussion d’un dimanche soir pourrait être amusante si les questions provenaient d’enfants du primaire, mais mes filles ont, respectivement, 21 et 17 ans. Une est à l’université, en urbanisme ( !), l’autre au cegep. Alors j’ai peur.
- Vous avez appris quoi à l’école ? Vous n’avaez pas eu de cours d’histoire, de politique ?
- Ouin, mais on se rendait rarement jusqu’à cette époque.
- Vous n’avez pas de curiosité ?
- Oui, mais pas pour ça…
Comment ça se fait qu’à 14 ans je lisais le Devoir presque tous les jours. Qu’à 17 ans je lisais en plus le Nouvel Observateur, et à 21 ans le Monde Dipomatique ? Que je me suis toujours intéressé à l’histoire, à la société, à la philosophie, aux arts, et que mes enfants ne lisent que des revues à potins, n’écoute jamais les nouvelles ? Crois sauver le monde en mettant leurs papiers dans le bac de recyclage ?
J’ai mal fais ma job ?
10 septembre 2008
La rentrée...mouan...
Bon c’est la rentrée. Fini les vacances.
Et pour bien marquer la rentrée nous avons droit à une campagne électorale suivie d’une élection
générale au fédéral pour le 14 octobre. Il y a des façons plus amusantes de fêter la rentrée…
Mes pronostiques sont assez sombres. Le scénario le plus probant ? Un retour des conservateurs au pouvoir, minoritaires mais avec des libéraux sans le sous qui cherchent un nouveau chef (Ignatieff ou Bob Rae, retour des mêmes problèmes), et des bloquistes qui ont perdus des plumes au Québec et ont de plus en plus de difficultés à justifier leur existence. Possiblement aussi un changement de chef au Bloc, mais avec peu de candidats possibles (on ne parle même pas de candidats intéressants). Du côté des néo démocrates tout est au beau fixe, c’est à dire pas fort. Le pire scénario ? Des conservateurs majoritaires. L’ouest est déjà à eux, et ils peuvent compter sur certaines régions du Québec, surtout celles à fortes concentration adéquiste (la belle région de Québec entre autre), et ils iront même chercher quelques comtés en Ontario. À force de dire qu’on veut bien deux, mais minoritaires, tout le monde va voter pour eux et ils nous feront la surprise d’un balayage ! Les Libéraux seront exsangues, le Bloc moribond, le NPD jouera sont éternel rôle de bon mononcle drôle, mais décidemment peu sérieux. Et les tiers partis (vert, etc.) récolteront comme d’habitude quelques votes qu’ils auront été cherché où ? À « gauche » comme d’habitude, car la droite elle fait front et remporte ainsi de plus en plus de victoires. 
Le meilleur scénario ? Euh…Bon ok, disons les libéraux minoritaires avec la balance du pouvoir au NPD et au Bloc pour le Québec, et un Stéphane Dion nous surprenant comme premier ministre (on peut toujours rêver).
En passant, et tant qu’à être pessimiste, je ne crois vraiment pas que cela soit gagné d’avance pour Obama chez nos voisins du sud. Comme je disais la droite vote en bloc (rien de plus discipliné que des chrétiens affiliés à une église), les républicains trouvant McCain trop « modéré », n’iront quand même pas du côté des démocrates, et ceux trouvant Paula trop « heavy », à la limite s’abstiendront ou aurait peut-être voté Hillary, mais Obama ? Donc pas certain, et pas rassurant comme perspective d’avoir McCain et Harper au pouvoir. Avec bien sûr Charest qui va se tricoter un troisième mandats sur mesure, avec comme opposition la marionnette à Dumont et un PQ sans idéaux, sans queue ni tête.
On me reprochera après d’être nostalgique des années 60 et 70…
