Humeur variable

Au jour le jour, mot à mot, mes coups de coeurs, mes coups de gueule, le baromètre de mon humeur variable.

28 juillet 2008

Vacances...no vacancy!

Je viens de débuter mes vacances. Je les attendais depuis longtemps  (j’aurais tendance à dire depuis la fin des précédentes), et avec impatience. Alors pourquoi ne suis-je pas plus excité ? Parce que je sais qu’elles passeront vite, sans rien de trop particulier? Un voyage à Rimouski, quelques sorties, et la routine des jours et des nuits. Puis reviendra le travail, l’automne de ma vie, l’hiver de force…Plus rien ne m’excite, voilà bien le problème (avis à celles qui veulent relever le défi – je sais, mais un gars à le droit de rêver non ?).

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Pour l’instant les vacances, et l’été en générale, se déroulent au son de la musique de Mozart. J’ai acheté les enregistrements du pianiste Friedrich Gulda ( The Gulda Mozart tapes, I et II chez Deutsche Grammophon) ; Les concertos pour piano par Vladimir Ashkenazy chez Decca (10 cds pour pas cher), ainsi que le coffret de 12 cds de musique pour piano chez Philips. C’est drôle parce que je n’avais jamais vraiment « trippé » sur Mozart, que je trouvais « léger », préférant Beethoven, Schubert ou Brahms, mais je m’aperçois maintenant que le compositeur dont j’ai le plus d’œuvres dans ma discothèque est…Mozart. Et plus je l’écoute et plus je découvre qu’il n’est pas si léger, même si il fait du bien à l’âme. Ce qui est drôle aussi c’est que généralement l’été je n’écoute guère de musique classique (que je réserve pour l’automne et l’hiver) mais plutôt du jazz dès que le printemps nous chauffe les oreilles. Si j’écoute du Mozart maintenant c’est, je crois, parce que Mozart serait aujourd’hui un jazzman (et sans doute Bach et Beethoven des rock stars).

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Des vacances aussi sous l’influence de Sylvain Lelièvre dont je viens d’acheter un livre regroupant l’ensemble des textes de ses chansons. Des textes qui se lisent comme des poèmes (d’ailleurs ce sont des poèmes) et dont la musique des mots est déjà suffisante en elle-même. Des mots qui vous hantent :

« Je me fuis chaque jour mais jamais ne m’échappe

Et la vie me rattrape avec ses bras de plomb

C’est la voix d’un ami, non c’est un chien qui jappe

À déchirer la nuit, la mort dans les talons

Je me fuis chaque jour mais jamais ne m’échappe. »

(Avec une craie blanche)

Des mots qui amusent et relaxent :

« Moi j’aime les choses inutiles

Les bonheurs tranquilles

Qui ne coûtent rien

Les couchers de soleil sur la ville

Les bibelots débiles

Les orchestres anciens

Le chant des bruants sur les fils

Les poissons d’avril

Tous ces petits riens

Qui nous rendent la vie moins futiles

J’aime les choses inutiles

Qui nous font du bien. »

(Les choses inutiles)

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Et pleins d’autres mots, d’autres textes, d’autres chansons dont plusieurs m’étaient tout à fait inconnu.

Voilà, c’est le début des vacances. Des vacances qui passeront trop vite et seront aussi vite oubliées.

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11 juillet 2008

Le sang de la terre

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Mon sang  vient de la terre.

Le sang du pays, comme le disait les anciens.

Approchez. Regardez-moi attentivement. Voyez de quels coloris je me pare.

Un jaune aux reflets verdâtres. Un jaune paille, ou or vénitien. Ou alors un jaune délicatement cuivré, ambré. Je peux aussi révéler ma gaieté dans un rose saumoné, ou pelure d'oignon, ou framboisé.

Mais c'est dans les teintes de rouges que je suis le plus charnel.

Rubis, incarnat, grenat, cardinal, aux pourtours violacés ou orangés. Nul peintre ne pourrait rendre aussi bien que moi toute la palette des couleurs subtiles de la vie.

Non, ne partez pas!

Prenez-moi dans vos mains et faites virevolter ma robe. Sentez-vous les parfums que j'exhale?

Herbes tendres, foin coupé, citronnelle, mangue, pivoine, fleurs d'acacia. Respirez tout votre soûl mes arômes de fruits mûrs, d'épices délicates, de sous-bois.

Enivrez-vous de mon bouquet de bois de santal, de tabac et de musc, jusqu'à ce que la tête vous en tourne.

Vous allez céder maintenant et me prendre dans votre bouche.

Doucement. Juste un petit peu d'abord.

Tapissez bien votre palais de mon suc ensorceleur.

Goûtez bien le fruit juteux, les tannins sèveux, l'acidité bien tempérée sur le clavier de vos dents, la finale longue et moelleuse qui flatte votre langue.

Je grasseille, j'ondoie, je taquine vos papilles.

Je suis votre géométrie personnelle: je suis rond, carré, anguleux, linéaire, sphérique.

Vous vous sentez prêt à m'accueillir en vous, vous m'avalez.

Voilà.

Je suis en vous, vous êtes à moi.

Pour toujours je vous ai marqué de mon irrésistible attrait.

Vous m'aimerez, m'adorerez, me glorifierez.

Je ferai partis de votre chair, de vos nerfs.

Je serai présent par tous vos sens, je ferai partis de tous les instants importants de votre vie, de toutes vos célébrations, de vos amours, de vos guerres, de vos conquêtes et de vos revers.

Vous me poursuivrez, m'enfermerez dans divers flacons, de grès ou de cristal, me mettrez dans une cave obscure, lieu sacré de vos rituels.

Je serai votre lien entre la terre et le ciel, la racine de votre imagination, le fondement de votre civilisation.

   Je suis votre sang.

   Je proviens de la terre.

   Je suis le vin, et de moi advient le Verbe créateur.  jvparove

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10 juillet 2008

Dormir

Fatigué. Las. Dormir trop peu, trop mal. Chaleur étouffante. Rareté de l’air. Vouloir s’assoupir longtemps, très longtemps. Et se bercer de rêves, de visions, de sensations. Brasier des lèvres. Lourdeur chaude d’un sein. Soie de peau sur la paume. Ailleurs, autrement, dans l’immensité du songe.

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05 juillet 2008

Nuit d'ennui

Tous les soirs, quand je me couche, je trouve difficilement le sommeil. Tous les soirs, dans mon lit, les mêmes pensées reviennent. Une autre journée sans que rien de très intéressant me soit arrivé. Une journée qui est la réplique presque exacte de la précédente, qui, elle-même, était l’ombre fidèle de la veille, et ainsi de suite, ad nauseam. Ce qui tend à rendre cette situation insupportable c’est la certitude que cela sera ainsi pour les jours, les mois, les années qui vont suivre. Être dans un cul de sac.

Si j’aime tant la musique et la littérature c’est tout simplement parce que ce sont les seules choses qui me procurent une certaine excitation.

Je rêve d’une peau nouvelle sous mes doigts pour que mon désir puisse de nouveau faire ses gammes. Je rêve d’avoir à nouveau le choix entre les regrets ou les remords, et de choisir les remords que de toute façon je n’éprouverai pas.

Mais pour l’instant c’est seulement une autre nuit, un autre ennui…

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